Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas (Xbox 360)

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Test complet du jeu, par sangotunk

Après une escapade tumultueuse en Corée pour renverser un dictateur fou, nos trois mercenaires, Mathias, Chris et Jennifer reviennent, emportant avec eux leur long passé semé de cadavres, pour le meilleur et surtout pour l'argent ! Adieu les décors froids et sinistres de la Corée et bienvenue au Vénézuela où le soleil sera au rendez-vous, les bombes aussi ...

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Un trio d'enfer !


Pandemic renoue avec ses trois protagonistes qui ont foulé la terre souillée de la Corée et bravé mille dangers pour capturer le tyran Song dans le précédent opus. Restés fidèles à leur philosophie à savoir amasser toujours plus d'argent peu importe la difficulté de la mission, nos trois stoïques mercenaires arrivent ainsi l'esprit "léger" au Vénézuela et y travaillent pour le compte d'un certain Solano, un politicien véreux qui s'appuie sur des coups d'États pour monter au pouvoir. Celui-ci vous confie alors la lourde tâche d'aller libérer un prisonnier. Une fois la mission remplie, Solano refuse de vous rémunérer et va même jusqu'à vous loger une balle dans les fesses. Votre mission sera donc de le retrouver pour lui faire payer sa traitrise. Autant divulguer que l'intrigue n'est qu'un vulgaire prétexte pour vous envoyer pulvériser le pays de l'oncle Sam.

Hakuna Matata !


Vous devrez donc choisir lequel des trois mercenaires vous correspond le plus en comparant leurs caractéristiques : Jennifer court plus vite alors que Chris peut porter plus de munitions et Mathias possède la capacité de se régénérer plus rapidement que ses congénères. En clair choisissez celui avec lequel vous avez envie de tout faire péter car la discrétion est à bannir de votre vocabulaire dès que vous enfournez le disque de ce jeu. Et c'est bien là le gros, je dirais même l'immense, point fort de Mercenaries 2 qui réussit son pari haut la main en offrant un vaste espace entièrement destructible. Si quelques bâtiments résistaient à vos attaques dans le précédent volet, il n'en est rien pour celui-ci qui poussera le vice encore plus loin pour nous ébahir par la quantité impressionnante de dégâts qu'il est possible d'infliger à l'environnement. Des palmiers qui ornent les côtes jusqu'aux imposants gratte-ciels des quartiers d'affaire, rien ne sera épargné et on se délectera de pouvoir raser des quartiers entiers en un clin d'œil. Les réserves de carburant et autres bidons d'essence placés un peu partout permettront également de produire de magnifiques mais néanmoins dévastatrices réactions en chaîne qui pourront surprendre les ennemis (et le plus souvent vous-même). Et pour déclencher tous ces foisonnements de flammes, tonton Pandemic nous gâte en nous dédiant une panoplie très variée de véhicules, comprenant des chars, des hélicoptères et des bateaux, chacun possédant une puissance de feu qui lui est associée, qui offre une dimension encore plus chaotique de ce Vénézuela virtuel qui se verra déchiré par les guerres. La liberté de destruction de Mercenaries 2 constitue en fait l'attrait principal et nous allons voir que le jeu est malheureusement pourvu de bon nombres de bugs et défauts qui lorgnent nos trois mercenaires.

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Qui a dit que la discrétion primait sur la manière forte ?


Dans la jungle, terrible jungle ...


Mais avant d'aborder les aspects négatifs qui scindent le titre de Pandemic, explorons le système de jeu qui n'a que très peu évolué depuis le premier Mercenaries si ce n'est l'apport de quelques modifications. Ainsi l'adhérence à plusieurs factions sera toujours de la partie et il vous faudra jongler habilement entre les humeurs de celles-ci à votre égard pour profiter au mieux de la situation et recevoir en guise de récompense des frappes aériennes, de l'argent, des véhicules etc. Car qui dit ralliement avec une faction dit éloignement avec une autre qui verra d'un mauvais œil votre changement de camp. Chaque faction proposant des missions qui vont parfois jusqu'à tuer ou voler vos alliés, il sera donc primordial de savoir calmer les ardeurs de chacun à l'aide par exemple de quelques billets. Mais la corruption ne constitue pas en soi le seul moyen de garder vos contacts, accomplir les missions que vous propose une faction se révèle tout aussi judicieux à condition qu'elle vous apprécie encore. La difficulté réside à ne pas se faire repérer par ses alliés lors d'une mission qui va à leur encontre ce qui se révèle assez hasardeux car une fois qu'ils vous ont découvert, ceux-ci contactent des renforts, un chrono se déclenche alors et dix secondes vous sont données afin d'éliminer le soldat en question avant qu'il ne prévienne ses copains. Chose qui n'est pas facile à exécuter puisque vous serez confronté à toute une base en général. De plus les véhicules d'une faction peuvent vous prodiguer un déguisement temporaire afin de vous permettre "d'infiltrer" une base alliée ou ennemie mais gare à ne pas trainer sur les lieux ce qui pourrait causer quelques suspicions à votre égard. Des petites séquences de QTE apparaitront alors lorsque vous tenterez de voler un hélicoptère ou un char mais se révèleront à forcerie répétitives bien que l'idée soit intéressante. A la trame principale s'ajoute des missions annexes que vous propose chaque faction mais celles-ci se résument à détruire des immeubles ou à capturer une cible, le tout amenant bien-sûr à une récompense que se soit de l'argent ou l'acquisition de bombes ou de véhicules en tout genre. Un homme avertit en vaut deux : la mort d'une cible rapporte deux fois moins de billets que sa capture ce qui parait logique vu les risques supplémentaires encourus.

Le PDA soit la Bible du mercenaire, constitue l'outil fondamental du jeu en servant de transition entre vous et Fiona, votre "ange gardien", qui vous fournira des informations types comme une carte du jeu, l'emplacement de vos contacts, votre "compte bancaire", l'humeur des factions à votre égard etc. Mais le rôle primordial de cet extravagant joujou est de vous fournir par voie aérienne une puissance de feu monumentale via des bombes, des véhicules, des stocks de munition, des armes et il y va s'en dire que vous pourrez vous constituer un armement de titan pour pulvériser les malheureux qui croiseront votre route avec pas moins de 130 véhicules différents, une quinzaine de frappes aériennes, ainsi qu'une dizaine d'armes. Pour ceux à qui le fait d'alléger le porte-feuille, afin d'établir un ravitaillement conséquent, dérangent, il sera possible de récolter des frappes aériennes dispersées un peu partout dans le jeu à l'aide de votre pilote personnel qui viendra les chercher sur vos ordres (le Vénézuela selon Pandemic, c'est un vaste espace où tout peut arriver, y compris trouver quotidiennement une bombe sous ses pieds ...). Autant avertir que vous dénicherez des frappes aériennes dans les endroits les plus inattendus comme sur une plage, devant votre QG (ça fait peur), dans des villages et j'en passe !

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Abracadabra ! Dans dix secondes la ville aura disparu !


... le mercenaire est mort ce soir !


Même avec un armement aussi considérable et le pouvoir de déclencher l'apocalypse en claquant des doigts, Mercenaries 2 ne peut dissimuler sa véritable nature, caractérisée par une quantité déplorable de bugs et une I.A catastrophique qui ne manquera pas de nous faire maudire le jeu. Ainsi l'on constatera une gestion de la physique désastreuse qui touchera essentiellement les véhicules, semblables à du beurre, qui n'ont visiblement aucune gravité et se permettront des cascades des plus fantaisistes. Méfiez-vous de tout objet qui encombre votre route, que se soit une poubelle ou un caillou de la taille d'un ballon, ils seront susceptibles de pouvoir retourner n'importe quelle catégorie de voiture, allant du camion jusqu'au char d'assaut, et constitueront donc des obstacles involontaires. Il ne sera donc pas rare de voir son char exécuter un tonneau par le simple fait d'avoir roulé sur une bosse. Une banale mission de contrôle peut ainsi se transformer en véritable cauchemar et ne parlons pas des quelques courses que vous devrez gagner, le mot "tremplin" étant synonyme d'échec immédiat ! A cela s'additionne une I.A complètement à l'abandon marquée par des ennemis qui n'ont rien dans la tête si ce n'est un don inné pour l'art du kamikaze qui vous balancent des grenades sans même réfléchir à l'endroit où celles-ci vont exploser. Et lorsque des réserves ou même des citernes d'essence se situent à proximité, cela devient beaucoup plus gênant voire bénéfique pour vous avec une bonne moitié de base qui peut partir en fumée. Vous pourrez ainsi discerner diverses sortes d'adversaires, les kamikazes, ceux qui restent plantés sans rien faire, et ceux qui vous accablent de balles quittes à sacrifier plusieurs de leurs camarades. Ce manque de perspicacité devient nettement plus pénible lorsqu'il touche également vos alliés qui auront la merveilleuse idée se se placer, lors d'une bataille, devant le canon de votre arme sans daigner bouger le petit doigt. Ne sachant que faire, vos soi-disant coéquipiers sont absolument inutiles et totalement abrutis, ainsi leur demander de monter dans un véhicule est rarement envisageable et il faudra prier le ciel pour qu'ils s'exécutent à la tâche.

Vous ne devrez compter que sur vous-même, au risque de commettre bon nombre d'homicides involontaires, ce qui ne s'avère pas du tout impossible vu la résistance surhumaine de votre mercenaire avec lequel vos ennemis auront du mal à venir à bout. Une roquette ou une frappe aérienne pris en pleine poire vous affaiblira certes mais ne causera pas la mort. Ainsi mourir ne sera plus chose fréquente comme dans le précédent volet surtout que notre Terminator possède la faculté de se régénérer. De plus, Pandemic a eu la brillante initiative de placer des checkpoint ce qui s'avère fort apaisant et nous épargnera la frustration de recommencer une mission à zéro. Pour certains joueurs ces deux facteurs seront signes d'un manque de challenge, pour d'autres ils permettront peut-être d'aborder plus tranquillement la série des Mercenaries composée d'un premier opus assez ardu. Dernière déception marquée par une VF lamentable qui aura pour conséquence de décrédibiliser une intrigue déjà peu cohérente et de flanquer en l'air les cinématiques de ce fait très soporifiques, gâchées par le manque de conviction des doubleurs. On aura donc vite fait de les passer pour échapper à cette absence de professionnalisme.

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Le vol d'hélicoptère accompagné d'une petite séquence de QTE sympathique, sans doute le véhicule le plus plaisant à manier !




BILAN



Graphismes : 15/20

Mercenaries 2 n'est pas une claque visuelle mais le niveau de détails affiché à l'écran est assez conséquent et l'on fermera les yeux sur quelques petits bugs graphiques comme l'apparition de certains bâtiments à la dernière minute. Les paysages exotiques offrent de jolis points de vue et dégagent plus de vie que dans le premier Mercenaries à l'ambiance très froide et brumeuse mais il est regrettable de constater une nouvelle fois l'absence d'un cycle jour et nuit, la perspective d'envisager des virées le soir à Caracas aurait été enchanteresse ! Mais l'immersion devient totale grâce à une gestion des dégâts époustouflante qui dynamise l'action et le place au rang d'excellent défouloir. Préparez-vous à assister à l'apocalypse que va subir la capitale du Vénézuela, Caracas, dont vous serez le principal commanditaire.

Bande-son : 11/20

De ce point de vue là, Pandemic a bâclé le travail, ponctué par des musiques simples, en accord avec l'ambiance mais dont on oubliera les mélodies quasi-instantanément. La VF tout simplement affligeante souligne ce manque de rigueur avec des doubleurs dénués de toute conviction, pour la plupart sans doute à moitié endormis, qui nous livre donc un résultat médiocre enlevant tout intérêt au scénario déjà archi basique et aux cinématiques, aussi passionnantes qu'un épisode de Derick question doublage ! Les bruitages rattrapent le tir composés d'effets sonores de très bonne qualité qui rajouteront une bonne dose de pep dans cette euphorie explosive !

Durée de vie : 14/20

Proposant au moins une bonne quarantaine de missions, renforcée par des objectifs supplémentaires sous la forme de mini-défis, Mercenaries 2 remplit donc son quota d'heure mais le manque de challenge se fait ressentir dû notamment à un héros anormalement résistant, digne d'un John Matrix, qui survivra même après s'être laissé choir d'un immeuble de 25 étages. Les défis sont globalement assez simplistes mais l'apparition de checkpoint est une idée géniale qui évitera l'insupportable amertume de devoir recommencer jusqu'à la nausée une mission depuis le début.

Scénario : 9/20

En soi, l'intrigue de Mercenaries 2 n'est pas une merveille d'ingéniosité, une banale histoire de vengeance avec pour vedette un mercenaire qui, faute de ne pas avoir été payé pour son travail, est obsédé à l'idée de tuer son employeur. Même si le speech de départ se veut très bourrin, on aurait pu attendre un peu plus de la part des développeurs. Au lieu de cela, l'ennui nous submerge bien vite, aucun rebondissements et les protagonistes se voient affublés d'un doublage français exécrable qui ne manquera pas de nous endormir et même de nous faire rire, encore faut-il posséder le courage de suivre le scénario jusqu'au bout sachant qu'en ayant regardé la première cinématique du jeu, vous connaitrez toute l'histoire et devinerez même le dénouement. A votre avis, qui va gagner, l'imperturbable mercenaire ou le méchant homme politique ?

Gameplay : 16/20

Jeux de vilain, gameplay de bourrin ! Si il ne vous faudra pas plus de deux minutes pour prendre en main les commandes de notre héros ainsi que ses possibilités, plus d'attention sera cependant requis afin de contrôler le PDA, l'outil informatique, et ses fonctions. Une fois maitrisé, ce joujou militaire n'aura plus de secret pour vous et alors Caracas devra faire face à son destin tragique ... Soi dit en passant, les véhicules restent maniables malgré leur mauvaise physique.



Note finale : 14/20



Mercenaries 2 reprend les grandes lignes qu'avait tracé son aîné à savoir l'accomplissement de missions pour le compte de plusieurs factions ainsi que la gestion de soutiens aériens qui vous fournira une puissance de feu adéquat. Le problème part du fait qu'en reprenant les mêmes bases que son prédécesseur, Mercenaries 2 a également conservé les défauts majeurs de celui-ci en allant même jusqu'à les aggraver. Ainsi, jonglant entre une I.A ennemie et alliée complètement à la ramasse marquée par des soldats ne sachant quoi faire, tuant même leurs camarades par des balles perdues, et une physique démente qui a la faculté de vous retourner un blindé à l'aide d'un caillou de la taille d'un pied, la balance oscille et a du mal à stagner. S'ajoute à cela un doublage français calamiteux qui casse une partie de la réalisation en particulier les cinématiques et le scénario. Mercenaries 2 demeure néanmoins un excellent défouloir qui réussit son défi, l'occasion de procurer au joueur une liberté de destruction euphorisante et inégalable. On espère en conséquence pour le prochain volet déjà annoncé un travail plus abouti concernant la réalisation et de meilleurs doubleurs !

Note finale : 14/20 - 392 lectures - étoile pleine étoile pleine étoile pleine étoile pleine étoile pleine - 1 commentaire, 1 note