Test complet du jeu, par virjule

Bioshock : choisissez l'impossible, choisissez Rapture


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Faisant sans conteste partie des sensations de l'année 2007 sur consoles et PC, Bioshock a aussi fait une escale en 2008 sur PlayStation 3 dans une version en tout point identique aux autres, si l'on excepte un contenu téléchargeable exclusif. En attendant la suite du FPS phare d'Irrationnal Games, qui débarque dans quelques jours dans nos vertes contrées, replongeons-nous dans les contrées pas vraiment vertes de Rapture, la cité sous-marine où se déroule l'action de Bioshock. Même si ce jeu n'a aujourd'hui plus rien à prouver, nous allons (re)voir pourquoi il s'agit d'un des incontournables de cette génération.

Nous sommes en 1960. Tout commence lorsque le personnage que vous incarnez (dont l'identité est indiquée sur une lettre aperçue en tout début de partie) survit de justesse à un crash d'avion en plein océan Atlantique. Fort heureusement pour lui (ou pas), l'avion s'est crashé non loin d'un mystérieux phare qui se révèle être en réalité l'entrée de Rapture, une cité sous-marine inconnue de la civilisation terrestre bâtie par un milliardaire utopiste, Andrew Ryan. Malheureusement, cette cité a décliné depuis peu suite à la découverte et l'exploitation d'une mystérieuse substance, l'Adam, qui provoque des modifications génétiques puissantes permettant notamment l'usage des fameux plasmides, ces modifications génétiques grâce auxquelles vous pourrez lancer flammes, arcs électriques et j'en passe. Mais ces modifications génétiques engendrent aussi des conséquences néfastes notamment psychologiques, et de fait, la population a sombré dans l'anarchie. Guidé dès le départ par un mystérieux personnage répondant au nom d'Atlas, notre héros va devoir se frayer un chemin au sein de la cité pour y retrouver son mystérieux contact, qui lui promets de quitter la ville une fois qu'il aura sauvé la famille de ce dernier, s'étant réfugiée quelque part ...

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Les premières minutes du jeu.



A la manière de Metroid Prime, l'intrigue de Bioshock ne progresse pas à l'aide d'une succession de cut-scenes mais grâce aux communications d'Atlas et à de nombreux enregistrements audio réalisés par les différents habitants de Rapture et que vous pourrez récupérer au fur et à mesure de votre progression. Sauf qu'ici, vous ne devrez pas interrompre votre partie pour lire des rapports, puisque tout est donné sous forme d'enregistrements audio, directement donnés par le jeu ou dispersés au sein de la cité de Rapture.

Dans son ensemble, l'intrigue de Bioshock est bien construite et se développe assez bien, et a également le mérite de développer des thématiques intéressantes et rarement vues dans les jeux vidéo, ce qui lui a valu l'adjectif "adulte", mentionné dans de nombreux autres tests antérieurs à celui-ci. Et c'est sans compter le caractère immoral et violent de la plupart des habitants de Rapture ! Des rebondissements de taille sont également au programme, mais ce scénario dont on a souvent fait l'éloge est, à mon sens, loin d'être parfait. D'une part, malgré quelques faits et discours qui prêtent à réfléchir, il ne faut pas vous attendre à de grandes leçons de philosophie ni à une remise en question permanente de vous-même, comme le suggère notamment l'arrière du boîtier de Bioshock. C'est d'ailleurs là que se situe le plus gros défaut du scénario : les choix draconiens qui auraient dû changer radicalement l'issue du jeu n'ont que peu d'impact sur la fin du jeu, qui se déroule à peu près de la même manière mais avec un épilogue différent et très court. C'est sans compter sur le fait que les choix en question ne sont autre que la possibilité de sauver ou de "tuer" les petites soeurs, ces fillettes terrifiantes qui récoltent l'Adam des habitants de Rapture pour le compte d'inquiétants personnages et sont systématiquement accompagnées d'un Protecteur (ou Big Daddy pour les intimes), un être humain dopé à l'Adam et enveloppé d'un énorme scaphandre. Vous devrez toujours terrasser ce quasi-boss avant de faire le fameux choix qui vous donnera plus ou moins d'Adam pour modifier votre propre corps plus tard dans le jeu. Bref, vos choix sont finalement restreints et les fins pourraient bien vous décevoir car peu nombreuses, expédiées et avec peu de différences entre elles. Un peu léger pour un jeu qui a longtemps présenté cette caractéristique comme l'un de ses points forts !

Mais qu'à cela ne tienne, Bioshock a bien d'autres atouts à faire valoir pour mériter les éloges qu'il a reçues à sa sortie. La plus grande qualité du jeu, ce n'est autre que Rapture elle-même. En effet, la cité sous-marine imaginée par Irrationnal Games est non seulement très belle à voir, mais aussi très bien construite. D'une part, elle adopte un style typique des années 60 (époque à laquelle se déroule le jeu) assez unique pour un jeu vidéo et très raffiné, d'autre part, tous les environnements diffèrent et donnent réellement l'impression de visiter une vraie ville. Vous visiterez entre autres divers appartements, des bars, boutiques, théâtres, ou encore un marché ... et je m'arrêterai là, car ce serait un crime de tout vous dévoiler ! Si techniquement, Bioshock commence tout doucement à prendre de l'âge, il n'en demeure pas moins un superbe jeu grâce à la réussite artistique de ses décors. Outre l'aspect visuel, Rapture séduit aussi par son ambiance malsaine et inquiétante. Les développeurs ont par ailleurs créé un petit côté "survival horror", puisqu'au début du jeu, la mise en scène de certains passages est faite exprès pour vous glacer le sang. C'est notamment le cas quand vous entendez des voix au loin ou voyez des ombres faire des choses pas très catholiques, puis de découvrir après une brève coupure de courant que l'ombre ou la voix a disparu ... pour vous attaquer par surprise plus tard. Pas spécialement original, mais ça fait toujours son petit effet !

La conception de la ville excelle également dans l'agencement des différents lieux à visiter. Même si le jeu peut paraître linéaire au premier abord à cause des indications très fréquentes et parfois trop précises d'Atlas, vous aurez toujours un minimum de liberté dans vos mouvements et une bonne interactivité avec les décors. En effet, vous pouvez interagir avec de nombreux éléments du décor en passant votre viseur dessus, et en vous contentant de suivre les objectifs données par Atlas et/ou par une flèche située en haut de l'écran, vous passerez facilement à côté du quart si pas de la moitié des environnements du jeu ! Vous aurez toujours quelque chose à visiter où vous trouverez souvent de quoi recharger vos armes, améliorer vos plasmides, ou encore découvrir l'histoire de Rapture et de son déclin. Bref, explorer Rapture est un vrai plaisir (en dépit de quelques lourdeurs, énoncées plus loin), non seulement parce que les environnements sont crédibles et beaux, mais aussi parce que la construction des niveaux vous permet de progresser sans trop vous perdre, sans pour autant vous empêcher d'être curieux et d'explorer un peu. En ce sens, on peut considérer le jeur d'Irrationnal Games comme un FPA, davantage que comme un FPS pur et dur.

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Aussi bien sur le plan artistique que ludique, Rapture est une réussite.



Le gameplay en soi est également de bonne facture. Du moins, sur le papier. En effet, à l'aide des différents plasmides et fortifiants génétiques à récupérer au cours de votre aventure, vous pourrez faire véritablement ce que vous voulez de votre corps. Il y a 4 catégories de fortifiants/plasmides pouvant contenir jusqu'à 6 items, et il faudra se rendre auprès des génothèques disposées un peu partout dans Rapture pour modifier votre corps à loisir. Jusque-là, aucun soucis, et l'application est réussie et intéressante. On peut par exemple donner un effet gel à la clef anglaise (l'arme de mêlée) ou provoquer une décharge électrique autour de soi lorsqu'on subit un choc physique. Sans oublier les différents plasmides pour geler, électrocuter, carboniser vos ennemis ou même leur envoyer une horde de frelons !

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Il y a de quoi s'amuser avec les plasmides.



C'est au niveau des gunfights que cela se corse. Non pas que l'armement soit mauvais, puisqu'à nouveau, il y a de quoi faire : il y a 8 types d'armes et 2 améliorations à récupérer pour chacune d'entre elles, le tout avec différentes sortes de munitions pour chaque arme (munitions explosives, perforantes, etc.). Vous pourrez d'ailleurs créer les différents types de munitions vous-mêmes à partir de bornes spéciales et de composants récoltés en visitant Rapture. Néanmoins, les affrontements avec les chrosômes (vos principaux ennemis; des êtres humains déformés par l'Adam, peu variés) et les Protecteurs sont plutôt brouillons. D'une part, votre personnage est assez pataud (j'entends par là qu'il n'est pas très rapide ni réactif), d'autre part les ennemis sont parfois exagérément résistants (surtout les Protecteurs, au début) ou en surnombre. Bien sûr, avec un minimum d'intelligence, vous pourrez toujours vous en sortir avec vos plasmides et une bonne utilisation de vos armes, mais on aurait apprécié un personnage un chouia plus souple, d'autant qu'alterner armes et plasmides est souvent bien lourd.

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Les premiers Protecteurs risquent de vous poser quelques problèmes.



Une autre lourdeur du gameplay, et qui n'intervient pas que dans les gunfights, concerne les systèmes de surveillance. En effet, Rapture est équipée un peu partout de caméras de surveillances, de droïdes volants armés et de tourelles automatiques qui sont particulièrement agaçants, bien qu'il est possible, grâce à vos améliorations et vos recherches - en photographiant vos ennemis, vous obtenez des bonus de recherches qui offrent des avantages utiles -, de les rendre quasi inoffensifs. Il n'est pas rare de devoir faire face à un armada de droïdes juste pour avoir pénétré un peu trop vite une pièce où se trouvait une caméra. Encore heureux, celles-ci ont un son très caractéristique, et un joueur averti pourra les anticiper plus ou moins.

Face à ces mécanismes, vous avez aussi la possibilité de les détourner à votre avantage en les piratant. Dès lors, les mécanismes de surveillance agiront contre vos ennemis et non contre vous. Le piratage consiste à électrocuter les dispositifs avec le plasmide "Arc électrique" puis à accomplir un mini-jeu qui ressemble comme deux gouttes d'eau à un certain Tube Mania, sauf que les tableaux ne se renouvelleront que très peu au cours de votre progression, et auront le chic pour vous énerver. En effet, des plaques de surchauffe (pour vous blesser) ou d'alarme (pour envoyer des droïdes à votre recherche) se multiplient au cours du jeu, et parfois, se mettent extrêmement mal, si bien qu'il vous faudra une grande rapidité pour limiter les dégâts et réussir votre piratage. Ces phases se conjuguent également très mal avec les gunfights : il vous arrivera de devoir faire face en même temps à une horde d'ennemis et de tourelles automatiques, que vous devrez soit détruire soit pirater (le meilleur choix, vu que ça vous aidera à vaincre les autres ennemis), ce qui casse complètement le rythme de jeu. Le piratage permet également de diminuer le coût des articles des distributeurs d'items (munitions, trousses de soin ou encore seringues d'Eve, la substance permettant l'usage des plasmides), et heureusement, là, on peut agir sans trop de contrainte. Et encore une fois, recherches, plasmides et certains objets pourront - directement ou à terme - vous dispenser du piratage de n'importe quel objet. Ouf.

Mince alors ! Bioshock serait-il un mauvais FPS mou du genou et mal équilibré ? Vous seriez probablement tentés de répondre à cette question par l'affirmative, au vu des précédents paragraphes. Mais je tiens tout de même à vous rassurer : malgré ses gros défauts, le gameplay de Bioshock reste intéressant, grâce à son level design exceptionnel (en dépit des systèmes de surveillance et des gunfights ...) mais aussi grâce à l'évolution et l'équipement de votre personnage, au fur et à mesure que vous récoltez de nouveaux plamisdes, fortifiants, ou augmentez les capacités globales (comme votre barre de vie) grâce à l'Adam récolté sur les petites soeurs. Les possibilités sont mine de rien très nombreuses, même quelques unes d'entre elles serviront davantage à rendre les lourdeurs du gameplay plus supportables qu'à améliorer votre arsenal. Dans un sens, l'évolution du héros est aussi gratifiante que celle d'un Metroid Prime, puisque c'est en explorant, récoltant objets et Adam et en faisant vos recherches que vous deviendrez puissant, suffisamment pour parcourir n'importe quelle zone de Rapture sans rencontrer le moindre soucis, pas même la gêne occasionnée par un Protecteur. Enfin, il n'y a aucun soucis à noter d'un point de vue jouabilité, si ce n'est la lourdeur de votre personnage.

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Faire évoluer son personnage fait partie des meilleurs morceaux de Bioshock.



Au final, bien qu'entaché de gros défauts, Bioshock a de sérieux atouts (Rapture en elle-même est un TRES gros argument !) et envoutera facilement une bonne partie des joueurs, pour une aventure qui durera entre 10 et 15 heures de jeu, sans trop se presser. Plusieurs modes de difficulté, la personnalisation intéressante du personnage ou tout simplement l'univers passionnant du jeu pourront vous inciter à vous replonger dans Rapture et prolonger un peu plus la bonne durée de vie du titre d'Irrationnal Games.

Verdict



Graphismes : 18/20
Techniquement, Bioshock n'a jamais été un étalon ... disons qu'il est dans la bonne moyenne ! Pourtant, il finira un moment ou l'autre par vous envoûter : en effet, Rapture possède un design unique pour un jeu vidéo mais surtout très raffiné, et la construction de la ville séduit par sa cohérence. Une belle réussite artistique.

Bande-son : 17/20
Je n'en ai pas parlé tout au long du test, mais la bande-son est aussi une des nombreuses qualités de Bioshock. Outre des doublages réussis et de bons bruitages, diverses compositions agrémenteront votre progression pour faire monter l'adrénaline ou installer un climat d'angoisse. Du tout bon.

Gameplay : 17/20
L'agencement des différents lieux de Rapture est de loin la plus grande qualité du gameplay, car le soft nous laisse toujours la liberté d'explorer les lieux, même si la progression est assez linéaire et guidée. La personnalisation du héros à partir des plasmides et des fortifiants constitue un autre point fort, et sa montée en puissance est séduisante. Et c'est sans compter les nombreuses autres possibilités en matière d'armement et d'interactions avec le décor ! Dommage que les gunfights soient molles - parfois même pénibles au début de l'aventure - et que le piratage, peu intéressant, a le chic pour casser le rythme et agacer.

Durée de vie : 16/20
Entre 10 et 15 heures pour finir le jeu en ligne droite, mais différents modes de difficulté pourront prolonger le plaisir de jeu, sans oublier la bonne rejouabilité du titre.

Scénario : 17/20
Le background est solide et l'intrigue intéressante. Certains thèmes abordés sont uniques pour un jeu vidéo et vous serez (parfois) amenés à y réfléchir. Mais qu'on se le dise : pas de quoi faire des cours de philosophie comme l'ont sous-entendu certains ! Un autre défaut du scénario réside dans la fin, expédiée et (pour ma part) décevante, d'autant plus que les choix que vous faites en cours de jeu n'ont finalement qu'un impact minime sur le déroulement de l'histoire. Choix qui sont eux-mêmes restreints ... dommage, car le reste est excellent.

Au final, Bioshock est une expérience vidéoludique à essayer absolument, ne serait-ce qu'une fois ! En effet, le titre d'Irrationnal Games propose un univers inquiétant mais passionnant et original, avec une splendide ville et un gameplay solide. Malheureusement, le titre souffre de plusieurs défauts, et pas des moindres : les gunfights sont assez molles, la fin risque de décevoir de nombreux joueurs et d'autres lourdeurs comme le piratage entachent la progression. Heureusement, les qualités du soft sont telles qu'elles contrebalancent bien ses défauts. En tout cas, ce serait dommage de passer à côté d'un tel titre, certes imparfait mais ô combien passionnant.

Les points forts
-Rapture, à tout point de vue
-La "personnalisation" et la montée en puissance du héros
-Les nombreuses possibilités en armement, plasmides, etc.
-Le scénario (sauf la fin)
-Bonne durée de vie
-Excellente bande-son

Les points faibles
-Gunfights molles
-Ennemis peu variés
-Les systèmes de surveillance et le piratage
-Les fins et le peu d'impact des choix

Note finale : 17/20 - 181 lectures - étoile pleine étoile pleine étoile pleine étoile pleine étoile pleine - 1 commentaire, 1 note