
| Panorama | Tests (2) | Presse (1) | Galerie (15) | Astuce (0) | Soluce | Vidéo (1) | Divers |
Test complet du jeu, par virjule

S'il y a bien quelque chose qui a tendance à se raréfier sur nos consoles de jeu, ce sont les jeux de plates-formes. Alors que le genre proliférait sur la génération PlayStation/Nintendo 64 et restait bien présent sur la précédente génération, il se fait de plus en plus rare sur nos Xbox 360, PlayStation 3 et Wii. Mais outre Mario et ses aventures galactiques, un autre poids lourd du genre résiste encore et toujours à l'envahisseur. Ratchet et son compère Clank ont déjà eu droit à un Opération Destruction sur PS3 sympathique mais sans surprise, suivi d'un court mais tout aussi amusant Quest For Booty. Fin 2009, les deux comparses ont signé leur grand retour sur PS3 avec un nouvel épisode long : A crack in time. L'espace n'étant plus suffisant pour qu'Insomniac démontre tout son talent, le développeur a décidé d'exploiter le temps ! Pour quel résultat ? Réponse ici.
Tout commence dans l'entité mécanique la plus grande de l'univers : la Grande Horloge, un mécanisme surpuissant qui assure la stabilité du temps et se trouve exactement au centre de l'univers ... à une dizaine de mètres près. Durant les premières minutes du jeu, le joueur contrôle uniquement Clank, qui a été précédemment séparé de Ratchet. Si Clank se retrouve dans un tel endroit, ce n'est pas par hasard : l'infâme Dr.Nefarious (et accessoirement ennemi juré de Ratchet et son compère), qui le retient prisonnier, espère retrouver dans sa mémoire la clé permettant l'accès à la chambre d'Orvus, la pièce centrale de la Grande Horloge où l'on pourrait changer le cours du temps. Clank réussit heureusement à s'échapper des griffes du droïde machiavélique à l'aide d'un sympathique stagiaire des lieux : Sigmund. Il va devoir maintenant explorer l'immense édifice pour y découvrir ce qui l'y lie. De son côté, Ratchet, accompagné de l'inénarrable capitaine Qwark, part à la recherche de son compagnon et finit par croiser le mystérieux Alister Azimuth, qui est à l'instar de Ratchet un des derniers Lombax en vie. Celui-ci espère atteindre la Grande Horloge pour remonter le temps jusqu'à sa jeunesse et sauver son espèce ...

Le début de l'histoire, en deux images.
Disposant d'une intrigue sympathique dont je viens de vous résumer le point de départ, ce nouveau Ratchet & Clank se distingue surtout (et une fois de plus) grâce à son humour décapant. Chaque cinématique a son lot de boutades, de clins d'oeil humoristiques et d'absurde pour dérider les zygomatiques du joueur : rire garanti ! L'ambiance complètement barrée du titre se retrouve bien entendu aussi en plein gameplay, où vous pourrez notamment affronter des sbires de Nefarious vous demandant en pleine bataille "nous ne vous voulons aucun mal; voulez-vous un morceau de tarte ?", sans oublier l'indispensable Mr.Zurkon, un droïde de soutien déjà rencontré dans Opération Destruction qui a l'art de sortir des répliques drôlement agressives.
Evidemment, l'ambiance décalée du jeu ne ferait pas autant son effet sans ses graphismes cartoonesques. Si les décors ne sont pas toujours très riches, chaque personnage est modélisé avec soin et animé de la façon la plus cartoon et délirante qui soit, le tout avec un doublage très réussi. Evidemment, pour toute personne ayant déjà joué de près ou de loin à Opération Destruction, la claque n'y sera plus ! Mais c'est toujours avec joie qu'on traversa les différents niveaux bariolés, plutôt ouverts et très variés. Le titre est d'ailleurs souvent comparé à du Pixar sous forme de jeu vidéo, et effectivement, on n'est pas si éloigné que ça d'un bon Pixar !

Graphiquement, c'est magnifique.
Bref, pour ce qui est de l'habillage, ce nouveau Ratchet est à la hauteur de ses aînés et ne peut que ravir fans et néophytes. Qu'en est-il du gameplay ? Eh bien, une fois de plus, la formule habituelle de la série - donc une bonne dose d'action et de plates-formes, le tout avec un chouia d'exploration et de réflexion - a été reprise à l'identique, aussi bien dans le fond que la forme. Les habitués de la série retrouveront automatiquement leurs marques, et les nouveaux ne mettront guère du temps à s'y faire vu l'excellente jouabilité du titre.
Heureusement pour nous, A crack in time introduit de nouvelles phases de jeu intéressantes liées à la manipulation du temps. Ne vous attendez pas à un voyage temporel tel que le propose un certain Chrono Trigger (quoique ...), mais plutôt à des énigmes et phases de plates-formes originales et bien tapées. Celles-ci se jouent dans la plupart des cas avec Clank, dans la Grande Horloge, en alternance avec les phases de Ratchet, qui restent quant à elles très classiques.
Les nouvelles phases de Clank consistent à passer de salles en salles en résolvant un véritable dédale temporel. En effet, chaque salle comprends une série de boutons qui ouvrent des portes, font bouger des ascenseurs, et à vous seul, vous allez devoir TOUS les utiliser pour passer à la salle suivante. Seul problème : pour activer un bouton, vous devez rester dessus. C'est alors que la manipulation temporelle vous vient en aide : en vous posant sur une case de couleur et en utilisant un menu, vous pouvez enregistrer un clône temporel de vous-même ! Une fois en position sur le bon interrupteur, vous pouvez achever l'enregistrement et passer sur une autre dalle de couleur pour commencer un autre enregistrement. Alors, votre clône précédemment enregistré par activer l'interrupteur en restant dessus, vous laissant passer la porte ou accéder au bouton suivant. Jusque-là, ça paraît très simple, mais très vite les choses vont se complexifier : les interrupteurs seront plus nombreux, et les dalles utilisables aussi. Il vous faudra un sacré sens du timing et une bonne dose de patience pour réussir tous les casse-têtes ! Parfois très tordus mais toujours ingénieux, ces nouvelles énigmes constituent indéniablement un des points forts de ce nouveau Ratchet & Clank. On aimerait presque qu'un spin-off reprenant et enrichissant la formule voie le jour !

Les nouvelles phases de Clank sont originales et bien pensées.
Bien sûr, les phases de Clank ne proposent pas que ça. Vous aurez l'une ou l'autre phase de plate-forme basée sur l'usage d'un bâton, permettant entre autres de lancer des balles ralentissant le temps dans un volume déterminé, affectant les objets et ennemis qui s'y trouvent. Quelques affrontements sont également au programme, puisqu'après tout, Ratchet & Clank est aussi un jeu d'action. Ces autres parties du jeu sont néanmoins relativement classiques, tout en restant efficaces. A l'exception d'un mini-jeu particulièrement agaçant consistant à faire passer un faisceau sur des objets se déplaçant sur une planète miniature pour en changer la couleur.
Du côté de Ratchet, on reste dans le domaine du "classique mais efficace", avec un level design qui n'innove pas mais témoigne une fois de plus du savoir-faire d'Insomniac Games. La plupart des niveaux sont longs, vastes, variés et offrent une bonne dose d'action (avec quelques boss sympas, par moment), de plates-formes et d'exploration, le tout nécessitant le bon usage de l'arsenal de Ratchet. C'est sans oublier quelques objets secrets bien planqués pour vous inciter à revisiter les niveaux, notamment les éternels boulons d'or mais aussi les Zoni's, des petits êtres que vous devrez collecter pour augmenter les capacités de l'Aphelion (le vaisseau de Ratchet) et traverser des zones spatiales dangereuses.

Les phases avec Ratchet sont assez classiques.
En effet, entre chaque niveau avec Ratchet, vous contrôlerez vous-même le vaisseau pour voyager entre les différentes planètes (donc les différents niveaux) et explorer des petits niveaux annexes, les lunes, où vous pourrez récupérer des améliorations pour vos armes, des boulons en or ou des Zoni's. Le tout s'accompagne de petites phases de shoot pour pimenter le tout. Malheureusement, ces dernières se révèlent assez fades car tous les ennemis (même les boss !) agissent exactement de la même manière, que ça soit dans les déplacements ou les tirs employés, et l'armement est peu varié (en gros, des tirs qui deviendront plus puissant à force, et des roquettes). A titre de comparaison, les phases de shoot proposées dans le spin-off La taille, ça compte sur PSP sont bien plus réussies, même si ici aussi, on est loin d'un "vrai" bon shoot'em up.

Les phases de shoot dans l'espace ne sont guère passionnantes.
Côté inventaire, A crack in time est une fois de plus loin de réinventer la poudre : on retrouve des armes somme toutes classiques (certaines sont directement reprises d'Opération Destruction, comme le fameux gant à Groovitrons), avec bien entendu quelques nouveautés comme l'érupteur sonique, une sorte de grenouille extraterrestre génétiquement modifiée pour lancer à tout va son cri nuptial dévastateur. En revanche, outre l'évolution classique des armes (en gros, plus vous l'utilisez plus elle deviendra puissante), A crack in time propose le tout nouveau système "Constructo". En très bref, il s'agit d'un système de personnalisation pour certaines armes précises grâce auquel vous pouvez transformer votre pistolet habituel en pistolet à charge ou en pistolet à rafale, sans oublier d'y ajouter un petit effet toxique ou explosif. Vous avez le choix ! Bien sûr, il faudra récupérer des kits Constructo en cours de route pour se permettre de telles modifications, et de plus ça ne touche que quelques armes. Néanmoins, le concept est très plaisant, et on ne peut que souhaiter qu'un tel système s'applique à beaucoup plus d'armes dans un éventuel prochain épisode. Dernière nouveauté notable dans l'inventaire : l'apparition des hoverbottes, des bottes spéciales qui vous permettent de vous déplacer beaucoup plus vite et d'accéder à des rampes (au fonctionnement identique aux précédents épisodes) ou des accélérateurs pour vous propulser encore plus loin. Certaines parties de niveaux pourront d'ailleurs vaguement ressembler à des courses-poursuites où le nouveau joujou de Ratchet sera pleinement utilisé.

L'érupteur sonique : n'est-il pas mignon ?
Niveau durée de vie, A crack in time propose une trame principale durant une bonne dizaine d'heures, et vous pourrez aisément doubler ce nombre si vous comptez finir le jeu à 100%, car des à-côtés, il y en a beaucoup pour un jeu de plates-formes ! Outre la recherche des boulons dorés et des Zoni's dans les niveaux, vous pourrez explorer des niveaux annexes (les lunes) pour récupérer toujours plus d'objets sympathiques, et vous pourrez aussi vous mesurer à des hordes d'ennemis redoutables (ou pas) dans l'arène Agorienne, un niveau proposant une succession de défis. Et c'est sans oublier les modes de difficulté supplémentaires et les trophées ...
Somme toute, Ratchet & Clank : A crack in time est un très bon jeu à tous les niveaux, mais l'ensemble reste cependant très classique : la formule utilisée par Insomniac Games n'a pas changé depuis les origines de la série. Heureusement, ce nouvel épisode peut compter sur des nouveautés sympathiques et des nouvelles phases de jeu ingénieuses et originales, mais ces innovations restent timides, bien qu'elles soient plaisantes. Quoi qu'il en soit, A crack in time est une nouvelle valeur sûre du jeu de plates-formes sur consoles de salon, et ce, même si on apprécierait tôt ou tard de vraies évolutions pour la série.
Graphismes : 18/20
Opération Destruction était déjà très beau, alors forcément, A crack in time est de la même trempe ! En dépit de certains décors assez légers, le reste du jeu est techniquement irréprochable, que ça soit au niveau de la modélisation ou de l'animation. Sans oublier le design coloré et toujours aussi décalé de la série !
Bande-son : 16/20
La grande force de la partie sonore de ce nouveau Ratchet & Clank réside (encore une fois) dans les doublages, franchement excellents et adaptés. Quant aux compositions - dont je n'ai pas parlé durant le test -, on a affaire à du space opera sympathique (notons par exemple la musique de l'écran titre), sans plus.
Gameplay : 17/20
Ratchet & Clank fait une fois de plus du Ratchet & Clank ... mais si ça manque toujours d'un brin d'originalité, l'efficacité est toujours au rendez-vous, tant dans la prise en main que le level design. Heureusement, il y a tout de même quelques nouveautés de gameplay ci et là (mention spéciale aux nouvelles phases de Clank, tout bonnement excellentes), mais pas de quoi bouleverser la série. Ceci dit, on a bel et bien affaire à une valeur sûre du genre.
Durée de vie : 16/20
Comptez une dizaine d'heures pour finir le jeu en ligne droite, comptez plus du double pour le terminer à 100% : les à-côtés sont nombreux et prolongeront très facilement le fun ! Une très bonne durée de vie pour un jeu du genre.
Scénario : 17/20
A l'instar de ses aînés, A crack in time propose une intrigue haute en couleurs et à l'humour décapant, enchaînant situations grotesques et répliques souvent hilarantes. On en redemande !
Au final, Ratchet & Clank : A crack in time est nouvelle valeur sûre du jeu de plates-formes et un très bon épisode de la (déjà) longue série d'Insomniac Games. Que vous soyiez fan ou néophyte, vous ne pouvez qu'apprécier ! Cependant, à l'exception de quelques phases qui sortent du lot (notamment les nouvelles phases de Clank), ce nouvel épisode reste somme toute classique, avec peu de gros changements. Mais vu la qualité de l'ensemble, on aurait tort de s'en priver !
Les points forts
-Graphiquement toujours aussi beau
-L'ambiance et le scénario délirants
-Jouabilité et level design toujours aussi bons
-Les nouvelles phases de Clank, originales et ingénieuses
-Quelques nouveautés sympathiques chez Ratchet
-Une durée de vie excellente pour le genre
Les points faibles
-Des nouveautés somme toute timides
-Les phases de shoot dans l'espace ennuyeuses
-Quelques mini-jeux en retrait
Note finale : 17/20 - 534 lectures -
- 3 commentaires, 1 note