
| Panorama | Test (1) | Presse (6) | Galerie (8) | Astuce (0) | Soluce | Vidéo (0) | Divers |
Test complet du jeu, par virjule

Vieille antiquité de la NES, Mario Bros. 3 conserve pourtant une belle aura auprès de nombreux joueurs. Référence à son époque, le titre a même bénéficié d'un remake sur Game Boy Advance, relativement paresseux (puisqu'il ne s'agit que d'un lifting), pourtant, même à la sortie de ce remake, en 2003, on en faisait toujours l'éloge. 6 ans et deux nouveaux Mario Bros. (sur Wii et DS) plus tard, peut-on encore considérer le titre comme une référence ? Ou bien la nostalgie fausse-t-elle encore les jugements ? C'est ce que nous allons voir dans ce test.
Tout commence lorsque tous les royaumes (ou presque) du monde de Mario sont victimes d'une nouvelle attaque des Koopa. Cette fois, il ne s'agit plus de Bowser, mais bien de 7 de ses fils et filles, accompagnés comme il se doit par une horde de Goombas, Koopas, frères Marto et même de bâteaux volants solidement armés. Les enfants terribles ayant transformé les différents Rois de chaque royaume en animaux quasi inoffensifs, c'est encore une fois à Mario et son frère Luigi de remettre de l'ordre dans tout ça.
Evidemment, il ne faut pas s'attendre à un scénario très profond, comme pour chaque Mario, mais celui-ci a le mérite de ne pas copier bêtement la formule du premier Mario Bros. qui sera elle-même repompée par Mario World, Mario 64 et même Mario Galaxy. Une quasi anomalie dans le parcours du plombier, mais on ne va pas en faire un jeu culte pour autant !
Justement, toute la force de Mario Bros. 3 réside dans son gameplay et son level design ingénieux. Les commandes sont on ne peut plus basiques : A pour sauter, B pour courir, la croix pour se déplacer, et aucun mouvement particulier. Comme dans le premier Mario, toute la subtilité de ces commandes réside dans la gestion de la vitesse du personnage : plus vous irez vite, plus vous sauterez haut et loin. Il faut bien sûr tenir compte du terrain, avec les éternelles plates-formes qui tombent, les terrains gelés ou encore les pentes. A ce niveau-là, c'est très bien foutu, même un peu plus de 20 ans après la première sortie du jeu.

La jouabilité est, comme toujours, au poil.
Mario Bros. 3 amène aussi une jauge de puissance, située en bas de l'écran, qui vous indique quand vous pourrez faire un "super saut" (à ce moment-là, un bruitage énervant retentit). Dans la plupart des cas, cette jauge ne sert à rien, mais elle trouve toute son utilité avec les costumes de raton laveur et Tanuki : quand le "P" est atteint, vous pouvez voler pendant une courte durée et atteindre des lieux très élevés (c'est là qu'on se demande : mais depuis quand les ratons laveurs volent ?!). Un objet permet même de voler de manière infinie dans un même niveau, après quoi l'effet est perdu.
Au niveau des costumes, Mario Bros. 3 propose la fleur de feu (classique), le costume de raton laveur cité ci-haut qui permet aussi de donner des coups de queue ou d'amortir des chutes, le costume Tanuki (identique au costume de raton, si ce n'est qu'en appuyant sur bas et B, vous devenez une statue invulnérable) qui n'a jamais été revu dans d'autres épisodes, ainsi que deux autres costumes uniques à SMB3 : le costume de Grenouille, qui facilite énormément les déplacements sous l'eau, et le costume marteau, qui comme son nom l'indique, permet de lancer des marteaux plutôt puissants à la trajectoire parabolique. Ce n'est toujours pas pour ces costumes exclusifs que Mario Bros. 3 est toujours aussi apprécié, mais ils apportent un plus indéniable à la progression et varient un petit peu le gameplay.

Les costumes sont toujours utiles et sympas.
Outre ses costumes novateurs pour l'époque, Mario Bros. 3 est aussi le premier Mario à amener des déplacements sur carte au travers des huits mondes que propose le jeu, chacun ayant un thème précis et se terminant par l'affrontement contre un des fils de Bowser, puis par le boss final du jeu dans le huitième monde (je vous laisse découvrir qui c'est ...). Vous pouvez ainsi choisir votre route et éviter certains niveaux, mais aussi visiter des endroits particuliers pour y débloquer des objets stockés dans un inventaire accessible sur la carte avec L, permettant de vous transformer avant de commencer un niveau. Bien pratique ! Il y a aussi une petite gestion d'évènements sur la carte : des frères Marto s'y déplacent continuellement, et si vous tombez dessus, vous devrez les affronter. En cas de victoire, vous gagnerez un objet bien utile. Un jeu de mémorisation apparaît aussi de temps en temps, de quoi faire le plein d'objets, et utiliser judicieusement barques et tuyaux peut vous aider à atteindre des points éloignés de la carte et abréger votre trajet.
C'est sans compter la présence de rochers (à détruire à l'aide d'un marteau, objet à usage unique) et de portes verouillées qui disparaissent dès qu'un château est détruit qui peuvent donner accès à de gros raccourcis si vous les surmontez. Entre autres, une zone cachée de la carte dans le monde 2 vous permet d'obtenir un sifflet, objet qui vous propulse d'un monde vers un autre qui est visité normalement beaucoup plus tard. Une belle manière de remplacer les "Warp zones" de Mario Bros. 1 !

La gestion de la carte est excellente.
Somme toute, la gestion de la carte est bien pensée, et on peut facilement comprendre que ça ait été l'un des grands points forts de SMB3 à sa sortie. Il ne lui manque en réalité que quelques chemins alternatifs au sein-même des niveaux, élément de gameplay qui apparaîtra dès l'épisode suivant : Mario World.
Mais en dépit de conserver des éléments qui n'ont pas toujours été repris ensuite (notamment les costumes), on peut encore avoir du mal à comprendre comment Mario Bros. 3 conserve la même aura très longtemps après sa sortie. La raison est pourtant simple : son level design !
Au début du jeu, les niveaux sont très simples et ne font pas nécessairement beaucoup mieux que Mario Bros. 1 et 2. Le premier monde n'est en réalité qu'un échauffement pour la suite ! Dès le monde 2, la construction et la composition des niveaux se renouvelle perpétuellement. On découvre ainsi (dans le monde 2) une course-poursuite avec un soleil furax, des feu follets farceurs ou encore des faux blocs friables occupés par des mini-goombas qui ne manqueront pas de tenter de vous écraser ! Ce n'est encore qu'un début : le monde 3 propose plusieurs niveaux assez stressants avec la montée/descente de tout l'ensemble du niveau dans l'eau, vous laissant à la merci d'un énorme piranha. Quant au monde 4, il n'est autre que l'ancêtre (si je puis dire) du niveau "grand/petit" de Mario 64 ! Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite. Chaque monde est donc bien unique, et chaque niveau a sa petite idée pour se distinguer des autres. Et en plus, la difficulté est bel et bien au rendez-vous : vous recommencerez parfois plus de 5 fois les niveaux les plus retors.

Chaque niveau a sa petite particularité qui le rends intéressant et/ou retors.
Le level design profite également de passages secrets parfois très bien planqués, donnant accès à des objets rares, ainsi que d'excellents niveaux "énigmes", souvent sans ou avec peu d'ennemis, où il faudra fouiller les salles de fond en comble jusqu'à trouver LE truc qui permet de terminer le niveau. Sans mettre autant l'accent sur l'exploration que Mario World ou Mario 64, Mario Bros. 3 se défends assez bien à ce niveau-là, et annonce déjà le génie de ses successeurs.
Evidemment, s'il était absolument génial à son époque, SMB3 a un peu perdu de sa superbe avec l'âge. Malgré une bonne difficulté, les niveaux se torcheront (pour le dire vulgairement) en à peu près une minute. Si les châteaux et bâteaux volants proposent des boss, ceux-ci n'opposent qu'une maigre résistance et très peu de variantes. Les fils/filles de Bowser se ressemblent tous, les frères Marto deviennent fastoches à partir du moment où vous savez éviter intelligemment leurs attaques, et les gardiens de chaque château meurent presque aussitôt que vous les croisez ! Seul le tout dernier boss propose quelque chose de réellement différent, puisqu'il faut trouver "le" truc (somme toute assez simple) qui permettra de s'en débarrasser.
Indéniablement, des tas de jeux de plates-formes ayant succédé à SMB3 ont proposé beaucoup mieux en la matière, et n'ont rien à lui envier niveau plates-formes, exploration ou variété. Je pense notamment à un certain Rayman, qui à mes yeux, est un des meilleurs si pas le meilleur jeu du genre. Mais malgré cette concurrence (qui n'est pas très cohérente, vu l'écart de temps entre les jeux) et le poids des années, l'ingéniosité et l'inventivité de SMB3 subsistent, et c'est bien pour cette raison qu'il demeure encore et toujours un jeu culte : peu de jeux peuvent se vanter d'une telle variété. Et bien que dépassé par d'autres jeux sur d'autres plans, Mario Bros. 3 reste un jeu de plates-formes à faire absolument pour tout fan du genre.
Niveau graphismes et bande-son, le remake sur Game Boy Advance conserve le design simpliste mais clair et lisible du jeu original, avec plus de couleurs, de jolis arrières-plans, etc. La bande-son est du même acabit, et s'avère répétitive, quoique certains thèmes pourront vous trotter en tête après vos parties.
Enfin, la durée de vie est somme toute honorable. Bien qu'on puisse le finir en ligne droite en à peine quelques heures, Mario Bros. 3 a ses petits secrets et vous passerez sans mal quelques heures supplémentaires pour finir le jeu à 100% et le connaître sur le bout des doigts. On ne peut regretter qu'une chose : que ce remake soit vendu au prix plein d'un jeu GBA, alors que les changements de ce remake sont minimes et uniquement esthétiques. Mais nous sommes aujourd'hui en 2009, la cartouche se trouve facilement pour quelques euros : de quoi pouvons-nous nous plaindre ? 
Graphismes : 15/20
SMB3 sur GBA conserve la lisibilité et la simplicité du jeu original, des couleurs et arrières-plans en plus. Honorable, mais on a vu beaucoup mieux sur la même machine pour le même genre. Rayman Advance, en l'occurrence.
Bande-son : 13/20
Tout comme le design et les graphismes, la bande-son reprends les compositions originales en les améliorant à peine. Pour un jeu GBA, c'est donc très répétitif et simple, même si les airs du jeu vous resteront en tête par moment.
Gameplay : 17/20
Les niveaux ont beau être super courts comparé à un jeu de plates-formes moderne, les commandes ont beau être basiques et les boss embryonnaires, l'efficacité et l'inventivité du level design persistent même 20 ans après la première sortie du jeu. Et c'est sans compter quelques secrets bien cachés et une bonne difficulté.
Durée de vie : 15/20
Bien que parcourir et terminer les 8 mondes du jeu en ligne droite soit assez bref (quelques heures tout au plus), les explorer entièrement vous fera passer de longues heures dessus. Une durée de vie honorable pour un jeu de plates-formes, en somme.
Scénario : --/20
Comme tout Mario qui se respecte, le scénario est simpliste et tiens aisément sur une feuille de PQ (n'ayons pas peur des mots !). On ne retiendra celui de SMB3 que par son pitch de départ inhabituel pour un épisode principal de la licence chère à Nintendo.
En bref, si Mario Bros. 3 ne peut indéniablement plus être considéré (ou presque) comme le meilleur jeu de plates-formes qui existe, contrairement à ce qu'on pouvait en penser à son époque (sans vouloir froisser les fans du hérisson bleu !), il demeure intéressant pour le plate-formeur confirmé. Son level design est toujours aussi efficace et propose une variété qu'on retrouve encore très rarement dans les jeux de plates-formes modernes. Et même dans les autres Mario's ! Et c'est bien pour cette raison qu'il est toujours aussi culte. Bref, un très bon jeu de plates-formes à faire et à refaire, même s'il a vieilli depuis 1989.
Les points forts
-Gameplay bien pensé
-Level design toujours aussi efficace et inventif
-Des (passages) secrets bien cachés
-Durée de vie honorable
-Bonne difficulté
-Bonne gestion de la carte
Les points faibles
-Les niveaux se finissent en environ une minute, à tout casser
-Des boss qui ne valent plus grand-chose
-On a vu bien mieux ou équivalent depuis en matière d'exploration, plates-formes "pure", etc.
-Portage GBA assez paresseux
Note finale : 16/20 - 956 lectures -
- 2 commentaires, 1 note