Sonic Chronicles : La Confrérie des Ténèbres (Nintendo DS)

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Test complet du jeu, par TheLinkofZElda

Il y a certains jeux qui devraient rester dans l'ombre. Notre ami sonic ne l'a pas du tout compris, et a même eu la désagréable idée de revenir sur DS accompagné d'une prétendue "Confrérie des Ténèbres".
Le hic, c'est que la bestiole hérissée, devant le succès de son rival plombier dans les "Paper Mario" et autres "Mario et Luigi", n'a rien trouvé de mieux que de s'offrir un RPG personnel, rien que ça. Oui, mais voilà. N'est pas scénariste qui veut (ça marche aussi avec musicien, programmeur, designer, etc...) et cette confrérie des ténèbres risque fort de se prendre un joli crash des ténèbres. Mais comme on ne crash pas sur une soupe sans se justifier, voilà en quelques lignes les raisons d'un potage totalement raté (et qui n'engendrera aucun poRtage, espérons-le, ah ah ah). Sonic devrait ressortir les vieux pots...


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Un scénario perdant par Chaos

Qui dit "bon RPG" dit souvent "bon scénario". Enfin, c'est loin d'être toujours le cas, mais disons que certains softs savent se rattraper sur une narration inventive pour rendre leur banalité attrayante. Mais chez Sonic, comme dans chaque opus de la série, on ne s'ennuie pas à payer des scénaristes, non. Comme à leur habitude, nos amis développeurs ont apparemment choisi des gens au hasard et leur ont demandé si oui ou non, ils étaient partants pour écrire un scénario en 15 minutes et gratuitement.
De malheureux inconscients ont visiblement répondu à l'appel, et c'est comme ça qu'est née l'histoire ô combien captivante de La Confrérie des Ténèbres.
Sonic vivait paisiblement dans les plaines de Green Hill quand une mystérieuse organisation, la Confrérie des Maraudeurs (ouh la la, que le nom impressionne... Encore plus que la confrérie des chenapans et celle des chipies!) se met à semer la zizanie sur notre joyeux monde. Comme il faut bien trouver une tête de turc, Sonic et compagnie décident d'aller refaire le portrait d'Eggman, qui pour une fois, ne demandait rien à personne. Nos héros découvrent alors que la mystérieuse confrérie utilise d'anciens robots d'Eggman, et ce sans son autorisation! (Y a plus de respect, je vous dis...). Il n'en faut pas plus pour que notre méchant préféré (ou pas) s'allie à son adversaire de toujours, et c'est le début d'une union inattendue afin de combattre un ennemi commun et de récupérer les émeraudes du Chaos (oh tiens, c'est nouveau ça?)! Et paf, premier cliché d'un soft qui en alignera des tonnes: "j'oublie les différends qui m'opposent à mon ennemi, et je me joins à lui dans l'adversité". Du grand art, je vous dis...

Bon, après, j'exagère un peu. Le scénario n'aurait pas été trop mal (pour quelqu'un d'assez indulgent). Oui, mais voilà. Le narration ne suit pas. Les scènes importantes tombent comme un cheveu sur la soupe (décidément, cette soupe...), et la mise en scène est cheap au possible! Un petit exemple? Eh bien sachez que les développeurs ne se sont même pas donnés la peine de changer les musiques lorsqu'un dialogue important apparaît! On se retrouve avec le même fond musical (nul) que celui qu'on a supporté pendant tout le niveau, comme si on parlait à un PNJ, en gros (PNJ: personnage non jouable). Niveau immersion, c'est du lourd!
Pourtant, Bioware avait eu d'excellentes idées! Chaque chapitre est en effet introduit par des scènes découpées en cases et bulles, façon BD! Cela aurait pu être franchement excellent. Mais non (En plus ils n'ont même pas été fichus de faire entrer les textes dans les bulles, ces comiques...)

Enfin, et c'est surtout là que le bas blesse: le jeu se veut sérieux. Plutôt que d'avoir misé sur l'humour, à l'image de Mario dans ses RPG hilarants, le soft oscille entre des niaiseries abominables et de faux airs de drame apocalyptique auquel on n'adhère pas une seule seconde. On appelle cela un cruel manque d'identité, dans le jargon. C'est dommage, encore une fois, car un Sonic prétentieux, une Amy Rose collante et nunuche, un Tails moralisateur, etc... Tout ce petit monde aurait pu donner naissance à un scénario humoristique bien plaisant. Et ne parlons pas des dialogues! Entre Sonic qui veut sauver le monde, Amy qui ne parle que d'un prétendu Dexter, et le renard qui n'ouvre la bouche que pour nous conseiller de sauvegarder (47 fois par heure environ), on passe plus souvent son temps à zapper qu'à lire pleinement. Et ce n'est pas le prétendu choix de réponses qui changera quoi que ce soit à la donne: certes, vous pourrez souvent décider entre plusieurs phrases selon la situation, mais toutes vous mèneront au même but, et les quelques échanges supplémentaires entre nos héros ne vous apprendront rien de bien intéressant sur le scénario (pourtant si riche et développé!)

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Un combat captivant contre deux larves et une grosse mouche, pour changer!

L'Amy n'est pas toujours Rose


Chez Bioware, on est observateur. On a bien remarqué que les jeux rythmiques remportaient un franc succès (notamment au Japon), et on s'est dit: "pourquoi ne pas pomper jusqu'à la moelle les bonnes idées d'Elite Beat Agent?"
Comme tout le monde a approuvé, l'idée a accouché. Malheureusement, il y a dû avoir une césarienne quelque part, car le résultat final est peu convainquant. C'est vraiment regrettable car l'adaptation du système de jeu au format RPG était plutôt bonne, et Zubo sur le même support nous le prouvera avec succès, lui.
Ainsi, pour générer une attaque, vous devez exécuter une certaine chorégraphie en pointant au bon moment des pastilles colorées, le moment propice étant lorsque le petit cercle les entourant s'est totalement refermé sur elles. De la même manière, vous devrez aussi suivre du bout du stylet une pastille en mouvement, ou encore cribler de tirs une pastille trouée.
Le problème vient surtout de la précision requise: c'est trop pointilleux, vraiment! Il suffit de se gourer d'un demi milliardième de seconde, et notre attaque se plante! De plus, on doit se casser la tête à refaire CHACUNE de nos attaques, et ce à chaque combat! Il aurait tout de même été plus malin de réserver la manipulation à de rares attaques spéciales aléatoires (et forcément plus puissantes). Au final, on en a vite marre, et on passe son temps à fuir les combats. D'autant plus que ce n'est pas le seul problème de ces affrontements mal agencés.

Le type chargé de doser la difficulté du jeu avait dû fumer une boîte de thon à l'huile avant de se lancer à la tâche.
Les probabilités, et notamment les taux de réussite de chaque attaque, pâtissent d'un abus considérable!
Le pire se concentre au début du jeu (logique, en plus). Vous passez les premières heures à casser du robot débile, ou tout du moins à essayer. Car une attaque sur deux échoue, et je n'exagère pas! Du coup, les affrontements durent 3 plombes, et on a plus envie de mettre fin à ses jours plutôt que de voir s'enchaîner des échecs rageants!
Mais que ceux qui espèrent fuir en tout quiétude se rendorment immédiatement! Vous devrez supporter pour cela un mini-jeu de fuite injouable, et ce A CHAQUE FOIS!

Et comme si ça ne suffisait pas, sachez que notre sérial-doseur de service s'est également occupé des statistiques de nos personnages! Ainsi, chacun de vos combattants passera la moitié du jeu avec une vingtaine de points de magie, ce qui vous permettra d'enchaîner au maximum 4 attaques spéciales, tout en sachant que les attaques normales ne servent à rien dans ce jeu. Et bien entendu, lesdits points de magie ne se régénèrent pas, les objets de régénération coûtent la peau des fesses, l'argent est super rare, et les lieux de repos se comptent sur les doigts d'une palme. Même constat pour le levelling, totalement instable dans Sonic Chronicles: vous gagnerez 100 pauvres points d'expérience en menant un loooong combat ennuyeux, mais 500 en apportant un journal à un type qui veut passer le temps aux toilettes. (authentique...) Un grand hourra pour Bioware! ... Non? Bon...

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Fort heureusement, la réalisation graphique est au top. Ici, Rouge qui se demande si la qualité des Sonic n'a pas pris le large pour toujours...

Un jeu qui va vous faire voir Rouge


Du côté de l'ergonomie, le constat est tel un hérisson, bourré de piquants.
Les menus sont aussi lisibles qu'un mode d'emploi observé à travers l'aquarium d'un poisson rouge, et vraiment super pratiques. On doit mettre 15 bonnes minutes pour donner une potion à nos héros, le double pour changer leurs capacités, et je n'ai toujours pas compris comment modifier la formation de notre équipe sans passer par un (rare) point de repos.
Les combats sont, comme je l'ai dit, trop minutieux.
Seuls les déplacements dans les environnements du jeu sauvent la jouabilité.
Si vous êtes allergiques au stylet, ne touchez surtout pas à ce jeu. (Si vous êtes allergiques aux daubes également)

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Des menus d'une lisibilité exemplaire. Sur l'écran du dessus, Amy a compris qu'il valait mieux tout faire sauter à coups de maillet.

La réalisation: On ne juge pas un livre à sa couverture


Ceux qui n'auront regardé que les screenshots du jeu vont me dire: "Non mais tu es fou, toi! Ce jeu a l'air excellent!". Je veux bien qu'il ait l'air excellent, je l'ai acheté pour la même raison! Mais ne vous méprenez pas: derrière l'enrobage de douceur ne SE CACHE PAS un coeur de fraîcheur (Vous remarquerez que j'adore vraiment les Tic Tac).
Certes, Bioware a vraiment assuré du côté de la réalisation graphique. Les couleurs sont chatoyantes, les niveaux joliment modélisés, pour une 3D isométrique du plus bel effet. Seulement, le level-design est monotone (et les missions consistant souvent à aller d'un point A à un point B ne jouent pas en sa faveur).
Pourtant, là encore, de bonnes idées pointaient le bout de leur nez, comme le fait que certaines actions contextuelles ne puissent être réalisées que par certains personnages (survoler un gouffre, grimper à une échelle, etc...). Mais comme c'est tout un cinéma pour changer les personnages de notre équipe, on préfère passer à côté.
En revanche, le côté musical du titre est une honte. Bon d'accord, les Sonic ne sont pas non plus réputés pour être des modèles de symphonies, mais tout de même! Il y a des limites! C'est à se demander s'ils n'ont pas composé la bande-son en partenariat avec la société qui s'occupe de créer les musiques d'ambiance pour les ascenseurs des hôtels chics. Ce qui rend, au final, le jeu encore plus monotone qu'il ne l'était déjà (c'est possible, un truc pareil?). On saluera au passage les semblants de fausses notes du thème de combat, qui personnellement m'a un peu évoqué la musique de Lake Master Ex sur PS2, lorsque l'on ferre un poisson (vous l'aurez compris, c'est un jeu de pêche)

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Parce que Sonic, ce n'est pas simplement un tas de grosses mouches! C'est aussi un festival de robots!

C'était t'robot pour être vrai...

Je ne sais même pas s'il est utile d'évoquer la durée de vie de cette horreur, tant elle est aléatoire. Si comme moi vous perdez vite patience, vous jetterez le jeu avant de l'avoir terminé (de mémoire de joueur, je ne me suis jamais autant énervé sur un soft, très sincèrement).
Sinon, les plus suicidaires d'entre vous mettront une bonne quinzaine d'heures avant de voir la fin (ouf!!).
Enfin, si vous adorez par-dessus tout fuir des combats grotesques en déambulant dans des décors vides, poursuivi par un robot qui fait bzzzt ou une grosse mouche, vous risquez vraiment de tomber amoureux de ce Sonic Chronicle (sachant que 9 ennemis sur 10 sont des robots qui font bzzzt ou des grosses mouches).
Bref, les industries pharmaceutiques spécialisées dans les traitements contre les piqûres d'insectes n'ont qu'à bien se tenir: Sonic est un concurrent de taille.

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Les énigmes du jeu sont très passionnantes: il faut généralement appuyer sur des interrupteurs rouges très discrets...

LES PLUS:
-Une bonne réalisation graphique
-Un bon moyen de caler une table
-Un cadeau empoisonné sympathique pour votre patron
-Un jeu qui profitera à tous les psys de France

LES MOINS:
-Une jouabilité insipide
-Un scénario soporifique (sur une console (hip) nomade, ah ah ah)
-Des musiques d'anthologie (c'est ironique)
-Un dosage désastreux de la difficulté (ce n'est pas ironique)
-Un jeu ennuyeux
-Pas assez de place pour énumérer tous les points honteux du titre

Vous aimerez si vous aimez:

-Rien du tout
-Sonic sur les consoles Next Gen
-Souffrir à chaque fois que vous vous êtes blessé dans votre vie
-les grosses mouches

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Un robot qui a compris qu'il valait mieux rester dans l'ombre


NOTES

Graphismes: 17/20

Le (seul) point fort du titre. Des univers hauts en couleurs, des mondes variés. En revanche, les effets spéciaux des combats (et les combats tout court) font peine à voir.

Bande-Sonore: 5/20

Des thèmes d'une lenteur accablante, des musiques de combat aussi rythmées qu'un moustique à l'agonie, pour une ost d'anthologie. Ce sont les ascenseurs des hôtels Kiriad qui vont être jaloux!

Jouabilité: 10/20
Les déplacements au stylet sont sympathiques.
Les combats sont injouables. Les menus sont minables. Et le mec qui a été chargé de doser la difficulté devrait reprendre ses études depuis le début. Je n'ai jamais vu un jeu si mal calibré! C'est frustrant, et la fin du jeu est presque plus simple que le début! Je vous aurai prévenu, vous risquez de piquer des crises.

Scénario: 8/20
Un scénario dans la lignée de tout Sonic qui se respecte, avec un petit côté chiant en bonus. Le ton sérieux ne colle pas du tout à l'univers, et la narration est aussi immersive qu'un épisode de "Plus Belle La Vie".

Durée de Vie: 13/20

Une vingtaine d'heures au maximum, pour les plus masochistes. Les quêtes annexes sont inintéressantes, et la seule activité sympathique reste de trouver tous les Chaos. Encore faut-il ne pas avoir peut de rencontrer des tonnes de robots qui font bzzzt sur le chemin. Ou des grosses mouches, cela va de soi.


NOTE GENERALE: 8/20
Dieu que c'est nul!
Sega nous avait promis que le prochain Sonic sur DS allait surprendre: ils ne nous ont pas menti! Faire du RPG c'est bien, mais savoir s'y prendre, c'est autre chose! On a du mal à croire que c'est Bioware, digne développeur de Mass Effect, qui est à l'origine de ce désastre!
Avant tout, Sonic Chronicles est une amère déception. Ne vous laissez pas abuser par les screens, ni même par son prix bradé un an après sa sortie. Ce soft fait moins bien que de très nombreux jeux moyens, qui eux, parviennent parfois à amuser quelques heures. L'ennui pointe son nez dès le début, et rien ne tient vraiment droit dans ce fatras de défauts et de bonnes idées amochées par un manque de savoir-faire navrant.
Préférez lui Zubo, moins ambitieux, mais à la hauteur de ses promesses. Comme quoi les grandes licences ne font pas forcément les grands jeux... Ce qui aurait dû être le Mass Effect du hérisson bleu n'est qu'une masse infecte. Passez votre chemin, et laissez ce soft là où il mérite de se trouver: tout au coeur des ténèbres.


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Note finale : 8/20 - 847 lectures - étoile pleine étoile pleine étoile pleine étoile pleine étoile pleine - 1 commentaire, 1 note